À propos

LE PROJET

La forme « Thème et Variations » est une structure particulièrement appropriée pour s’adonner au plaisir de la pratique du pistage, transposée pour l’occasion au domaine musical. Dans ce nouveau projet, l’ENSEMBLE JOSEPH HEL prend des chemins de traverse et pratique une approche du répertoire qui s’inspire plus des réflexions philosophiques de Baptiste Morizot ou des théories sur la Renaissance Sauvage de Guillaume Logé, que des points de vue musicologiques et contextuels traditionnels. Les musiciens s’appuient néanmoins sur une analyse rigoureuse de la partition, indispensable à l’interprétation, mais sans que celle-ci ne monopolise le champ de l’enquête dans laquelle s’engagent les artistes. 

Dans l’œuvre de Bach, chaque variation est un terrain de jeu sur lequel pister les traces des formes variées de l’intelligence, celles capables de dévoiler la dimension vivante et organique de la musique. Cette approche fait de ce monument du répertoire classique un territoire dont les musiciens cherchent à établir la topographie, afin d’en appréhender les contours et les reliefs. Ils en révèlent la dimension sauvage et la mettent ainsi en résonance avec les autres éléments convoqués sur le plateau.

Sur la scène, alors repensée, se dévoile un espace diplomatique où la réflexion entre les forces vivantes en présence peut s’engager. Le projet de l’ENSEMBLE JOSEPH HEL est une invitation à faire cohabiter le temps d’un concert, la musique de Bach, considérant ici l’Art en tant que territoire exclusif au genre Homo, et « les autres », en tant que l’expression de toutes les forces de vie sur Terre.

Les « Variations Goldberg » de J.S. Bach sont jouées en intégralité et sans altération, mais dans un arrangement réalisé spécialement pour ce projet par l’ENSEMBLE JOSEPH HEL.

Les musiciens se produisent dans un environnement où cohabitent le végétal et l’animal, où se rencontrent l’humain et le non-humain, où se retrouvent convoqués la danse, en tant que corps médiateur entre les territoires de l’image, de la création plastique, du texte, en tant que langages exclusifs dont on cherche à extraire la part de sauvage et d’universel, en tant qu’espace diplomatique ainsi organisé sur le plateau par la mise en présence, aux côtés des artistes, de représentants du vivant : présence physique des végétaux et des planctons, ou évocation par la projection vidéo.

L’Ensemble Joseph Hel explore avec toujours le même enthousiasme l’expérience de la scène prise du point de vue du musicien, et poursuit, après « LACRIMAE/Dans une larme ; un reflet », son aventure artistique.

Réflexions sur le dispositif scénique inspiré du vivant qui accueille les évocations, par l’image, la vidéo ou la bioluminescence, des organismes avec lesquels l’Humain doit réinventer les modalités de cohabitation.

Avec l’art du pisteur originel,(…)on assiste probablement à quelque chose comme l’émergence de l’intelligence. Mais c’est une intelligence d’une grande écosensibilité : cosmos bigarré de significations et d’interactions. C’est une intelligence écologique que l’on a oublié quelque part, dès lors qu’on a pensé l’environnement donateur comme Nature, puis la nature comme matière, et qu’on s’est refermé dans notre huis clos humain, perdant le contact avec la grande politique vitale de la communauté animale et végétale. C’est une intelligence qui mérite probablement d’être réinvitée pour aujourd’hui, nourrie des recherches des sciences, des savoirs traditionnels et des puissances évocatoires des arts, pour cohabiter en bonne intelligence avec le vivant autour de nous et en nous.

Baptiste Morizot, « Sur la piste animale »

LE DISPOSITIF

La scénographie convoque le spectateur dans un fragment du cosmos pour qu’il fasse corps avec les interprètes et qu’il prenne conscience de sa dimension vivante et organique.
Ce dispositif s’inspire de formes vivantes en réalisant des structures organiques qui servent d’écrin aux musiciens.

L’équipe envisage un espace multi-frontal circulaire au coeur duquel les interprètes sont placés ; les éléments ainsi mis en œuvre favorise une écoute et une expérience visuelle inédite.

Le dispositif scénique est créé avec des éléments visuels vivants – ou qui évoquent le vivant : mur végétal, organismes bioluminescents, évocation de structures cellulaires, de micro-organismes, de projection vidéo évoquant la faunes sauvages. La transdisciplinarité permet de prendre la mesure des forces de vie en présences.

La structure mobile en forme de graine permet de révéler des espaces changeants, propice à l’évolution des danseurs et de la narratrice, les véritables diplomates du spectacle.

Évocation de la vie sauvage, par la projection vidéos issues de « pièges photographiques » utilisés pour l’étude et la préservation de la biodiversité.

L’ÉQUIPE

Direction artistique collégiale

Ensemble Joseph Hel

Chorégraphie, danse

Nathalie PUBELLIER

Texte

Cédric LEBONNOIS

Scénographie, lumière, image

Nicolas SIMONIN

En collaboration avec Marjolaine Salvador-Morel, artiste plasticienne

Avec

Julien CHURIN, violon, Cédric LEBONNOIS, alto, Geneviève KOERVER, violoncelle

Nathalie PUBELLIER et Sibille PLANQUES, danse

NORIG, narration

Conseiller scientifique

Frédérik CHEVALLIER

Vidéos animalières, photographies

ASPAS

Conseiller scientifique

  • Frédérik Chevallier

Production

ENSEMBLE JOSEPH HEL

Coproduction

Les vidéos d’organismes unicellulaires, Physarum polycephalum et Pyrocistis fusiformis, ont été réalisées par l’équipe artistique lors des résidences de création à partir des cultures de Cédric LEBONNOIS réalisées dans le cadre de ses créations plastiques « Les symbioses sauvages ».

Avec le soutien de la Région Centre-Val de Loire au titre du Parcours de Production Solidaire et de l’aide à la création, de l’ADAMI, du CNM.

Cette structure a reçu une aide de l’État, Ministère de la culture, au titre du Plan de relance pour le soutien artistique et culturel.

Avec le soutien de « La scène Faramine », lieu de fabrication artistique (89)

Remerciements à

François ZERNA, directeur de l’École des arts vivants de La Hague, pour la réalisation des clichés photographiques des « Symbioses sauvages ». Audrey DUSSUTOUR, directrice de recherche au CNRS pour sa mise à disposition de souches de Physarum polycephalum (Blob) et ses conseils scientifiques pour son élevage. ZOÉLUX, Bureau d’expertise océanologique, pour son expertise scientifique, sa mise à disposition de souche de Pyrocistis fusiformis et ses conseils pour son élevage. Mathieu LECOUTEY, constructeur du décor, et les ateliers Haubane.

L’ASPAS, Association pour la Protection des Animaux Sauvages. 100% indépendante et reconnue d’utilité publique, l’ASPAS défend les animaux persécutés (renards, loups, blaireaux, etc.) et crée des Réserves de Vie Sauvage® pour une nature vraiment protégée. www.aspas-nature.org

Richard Holding, Vincent Licheron, Gabriel Metegnier, Philippe Jourde, pour leur contribution à la collecte des vidéos animalières. PowerOfMoss pour la mise à disposition de Racomitrium (mousse végétale stabilisée).

Partenariat

« Que l’on entende, longtemps, les arbres sourire au jardin. »

Cédric LEBONNOIS